Chèvres de Lorraine

Chèvres de Lorraine

Origines

Dans l’histoire rurale lorraine, la chèvre a été un animal de gens
pauvres. Aussi, rarement des races de chèvres ont été définies,
des standards déposés.

La chèvre de Lorraine trouve ses origines dans les échanges de bétails quiavaient lieu lors de passages de « caravanes » transitant par la
Lotharingie (civilisation arabo-andalouse) au Moyen Âge. Les chèvres
offrent à l’homme des ressources multiples (lait, viande, peaux…) et ont souvent fait partie des échanges commerciaux. Elles font partie des transhumances des forêts et des plateaux lorrains vers les Ardennes, mais aussi des marcaires alsaciens et lorrains en direction des Hautes Chaumes vosgiennes.

Les expéditions coloniales de la fin du XIXe siècle ont également rapporté d’animaux de races croisées avec des races locales pour les améliorer. Plusieurs introductions de chèvres de Nubie et de boucs du Proche Orient sont documentées vers 1855, ce qui introduisit sans doute la coloration mouchetée de la robe.

Dès la fin du XIXe siècle, on retrouve la chèvre commune dans des élevages familiaux où elles complémente la basse-cour et assure aux familles un apport en lait et en viande grâce à la consommation des chevreaux. Ce type d’élevage favorise des chèvres capables de s’adapter aux ressources saisonnières. Les animaux consommaient des pousses de terrains en friches, des fourrages d’occasion comme des haies, des chaumes ou encore les épluchures de la cuisine familiale. Ces chèvres peuvent supporter des modifications brusques d’alimentation

Les guerres fréquentes qui frappent la Lorraine perturbent la structuration d’une population mais enrichissent aussi ce patrimoine par l’introduction d’animaux importés. Plus tard, l’industrialisation minière et métallurgique de la Lorraine va favoriser l’élevage familial, vivrier et l’économie « jardin ».

Renouveau

Jusqu’au début des années 1950, l’élevage de chèvres en Lorraine se trouve majoritairement chez les « petites gens ». C’est seulement vers la fin des années 1950, début des années 1960 que des néo-ruraux choisissent de s’installer en élevage caprin du fait de l’investissement moindre.

En 2006, un groupe d’étudiants de l’ENSAIA de Nancy, réalise un travail de recensement et de caractérisation des animaux identifiés comme « chèvre de Lorraine ». Neuf éleveurs et 78 animaux sont alors recensés sur le territoire. Ce premier chiffrage précis montre l’urgence de s’organiser pour sauver ce qui peut encore l’être, au titre du patrimoine naturel autant que du patrimoine culturel.

L’Association des Amis de la Chèvre de Lorraine est alors créée en novembre 2007. L’engouement pour cette nouvelle association est étonnant et les effectifs – caprin et humain – augmentent très vite.

De moins de 80 chèvres lorraines en 2006, l’effectif est passé à 4 000 aujourd’hui.

La Chèvre de Lorraine est une chèvre laitière plutôt grande, ce qui lui offre une bonne capacité d’ingestion de fourrage. Ses aplombs solides font d’elle une bonne marcheuse.

Taille : chèvres, au moins 68 cm au garrot à l’âge adulte, les boucs 5
cm de plus.

Poids : chèvres adultes, 50 à 60 kg, 70 et 90 kg.

Couleurs de la robe gris herminée. Les variantes de la couleur brune sont tolérées à condition qu’il s’agisse d’un brun foncé et que la moucheture soit présente.

Tête : profil plutôt rectiligne, chanfrein droit, barbiche obligatoire
chez les boucs et recherchée aussi chez les chèvres.

Pelage : mi-long sur le corps est souhaitable, mais au moins rallongé sur le dos (« crête ») et la cuisse (« jupe »).

Cornage : chez les femelles arqué en arrière, légèrement divergent ; chez les boucs plutôt en forme de lyre.

Aplombs : droits et solides.